Vaccination anti-HPV

Recommandations sur les vaccins anti-HPV

Grâce à l’arrivée de vaccins contre le papillomavirus humains (HPV), une avancée a été faite en matière de cancers du col de l’utérus, à l’origine d’une mortalité importante en France. Utilisés à titre préventif, ils sont un réel atout dans la prévention de ces cancers. 

La Haute Autorité de Santé (HAS) a édité un document en avril 2008, où elle présente les diverses recommandations au sujet de ces vaccins. 

Qu’est-ce que le HPV ?

  • Les papillomavirus humains sont à l’origine :

    • d’affections bénignes (condylomes) qui ne mettent pas en cause le pronostic vital, mais qui ont « une répercussion sur la vie psycho-affective ainsi que sur la qualité de vie » ;

    • d’affections provoquant des modifications de cellules à l’origine de cancers ; ces papillomavirus oncogènes sont transmis sexuellement.

Présentation des vaccins préventifs

Gardasil®

  • Propriétés

    • Ce vaccin est quadrivalent : il protège des génotypes HPV 6,11, ainsi que les 16 et 18 à l’origine de 70% des cancers du col de l’utérus. Il prévient donc :

      • des dysplasies de haut grade du col de l’utérus (CIN2/3) ;

      • des dysplasies de haut grade de la vulve (VIN 2/3) ;

      • des cancers du col de l’utérus qui peuvent mettre en jeu le pronostic vital ;

      • des verrues génitales externes (tumeurs bénignes).


La HAS précise que, d’après les études menées, ce vaccin n’est pas efficace chez les femmes déjà affectées par un HPV 6,11, 16 ou 18.

  • Posologie

    • L’injection du vaccin est faite en trois temps, de manière intramusculaire :

      • une dose de 0,5 ml ;

      • une 2e dose de 0,5 ml deux mois plus tard ;
      • une 3e dose de 0,5 ml six mois après la première injection.

  • Les contaminations par HPV étant très précoces, il est recommandé pour les jeunes filles de 14 ans à 23 ans, n’ayant pas eu de rapports sexuels ou au plus tard dans l’année suivant leur premier rapport.

  • Limites

    • 30% des cancers sont dus à d’autres types d’HPV que ceux couverts par le vaccin.

    • La protection par ce vaccin n’est pas encore connue au-delà de 5 ans.

Cervarix®

    • Propriétés

    Le Cervarix® couvre les génotypes 16 et 18 : il est donc bivalent.

    • Posologie

      • Selon la HAS, ce vaccin est à administrer ainsi :

        • une première dose suivie d’une deuxième dose le mois suivant ;

        • une troisième dose six mois après la 1re .

    Il est indiqué pour le même type de population que le Gardasil®.

    • Limites

      • Ce vaccin protège contre les HPV 16 et 18. La HAS précise : « L’efficacité de Cervarix® sur les CIN 2 ou plus liées aux HPV de type 18 n’étant pas formellement démontrée. »

      • Est exclue la protection contre les papillomavirus impliqués dans les condylomes.

      • Des incertitudes à ce jour sur la tolérance à long terme de l’adjuvant AS04 contenu dans ce vaccin.

    Recommandations de la HAS

    Aujourd’hui, la HAS a peu de recul pour déterminer l’efficacité du Cervarix® par rapport au Gardasil® puisqu’ils ont été développés en même temps. Néanmoins, à ce jour, la HAS préconise « l’utilisation préférentielle du vaccin quadrivalent par rapport au vaccin bivalent dans le cadre de la stratégie de prévention de la morbidité et de la mortalité liées aux HPV », reprenant les indications du Haut Conseil de la santé publique. 
    Plusieurs raisons avancées par la HAS :

    • le vaccin bivalent ne prévient pas des lésions dues aux types HPV 6 et 11 ;

    • l’efficacité du vaccin bivalent sur les lésions vulvaires n’a pas été démontrée ;

    • l’efficacité du vaccin bivalent sur les CIN 2 ou liées au génotype 18 n’a pas été formellement démontrée ;

    • les données sur la tolérance de l’adjuvant AS04 contenu dans le vaccin bivalent manquent ;

    • le vaccin quadrivalent (Gardasil®) prévient des lésions précancéreuses, cancers et condylomes.


    La HAS ajoute qu’un dépistage des lésions précancéreuses et cancéreuses du col de l’utérus par un test cytologique (frottis cervico-utérin) est un moyen de prévention secondaire efficace.

    Sources

    Recommandation du Collège de la HAS sur les vaccins anti-HPV, HAS, avril 2008.