Chirurgie du Sein

 


TUMORECTOMIE DU SEIN

 

C’est l'ablation chirurgicale d'un nodule du sein.

Lorsque ce nodule est bénin, l'intervention se limite à son ablation.

Lorsque le nodule est suspect, un examen pendant l'opération permet de vérifier sa nature. Si le nodule est bénin, l'intervention est terminée. S'il est malin (cancéreux), il peut être nécessaire de poursuivre l'opération par le prélèvement de ganglions du creux de l'aisselle (beaucoup plus rarement par l'ablation du sein).

Parfois, une micro-biopsie du nodule aura pu être réalisée au préalable, permettant de connaître la nature bénigne ou cancéreuse du nodule, et d’apporter plus de précisions sur l’étendue de l’intervention avant celle-ci.

COMMENT SE PASSE L'OPÉRATION ?

L'intervention est réalisée le plus souvent sous anesthésie générale.
Parfois, lorsque le nodule n’est pas palpable, il peut être localisé avant l’opération par le radiologue qui met en place un fil repère en s’aidant de la radiographie ou de l’échographie du sein.
 


La zonectomie correspond à l’exérèse d’une lésion non palpable (microcalcifications, opacité radiologique ou échographique) se trouvant dans le sein. Dans ce cas, il sera nécessaire de réaliser un repérage mammographique ou échographique avant l’intervention en laissant en place un fil métallique appelé “ harpon ” afin de guider le chirurgien. Ce geste est effectué la veille ou le jour même de l’intervention par un médecin radiologue.
L'incision est généralement réalisée dans un endroit peu visible: autour du mamelon ou dans le sillon cutané en dessous du sein selon l'emplacement du nodule à enlever. Quelquefois, sa localisation nécessite une incision directement au niveau du nodule.

Selon les constatations et les examens complémentaires réalisés, il peut être nécessaire de vérifier la nature de ce nodule en cours d'intervention par un examen au microscope (examen anatomo-pathologique extemporané) alors que vous êtes toujours sous anesthésie.

Lorsque le nodule apparaît bénin lors de cet examen, l'intervention est terminée. Un dispositif de drainage des sécrétions (petit tuyau ou drain) est parfois mis en place au niveau du sein.

Si des cellules malignes sont mises en évidence, l'intervention peut être poursuivie par le prélèvement de ganglions par une incision du creux de l'aisselle (curage ganglionnaire qui consiste en l’ablation de ganglions pour analyse), voire parfois, selon la taille et le type de tumeur, par une ablation du sein (mammectomie) qui, bien que peu fréquente, est toujours possible. Si vous aviez des commentaires ou souhaits particuliers sur ce point, parlez-en avec votre chirurgien.

Un dispositif de drainage des sécrétions de lymphe par un petit tuyau ou un drain est souvent laissé en place pour quelques jours au niveau du creux de l’aisselle.

Le curage axillaire est un geste chirurgical effectué pour prélever une partie des ganglions du creux axillaire : il n’est effectué qu’en cas de cancer du sein. En effet les cellules cancéreuses du sein utilisent les canaux lymphatiques qui vont du sein vers le creux de l’aisselle puis dans le reste du corps.

L’incision est effectuée au niveau du creux axillaire. Un drain aspiratif (redon) est mis en place à la fin de l’intervention. Il a pour rôle d’évacuer les sécrétions sanguines et lymphatiques qui se forment dans les suites immédiates de l’intervention. L’analyse de ces ganglions permet de savoir si des cellules cancéreuses sont présentes à ce niveau et constitue l’un des éléments qui fait ou non poser l’indication d’un traitement médical complémentaire (chimiothérapie et/ou hormonothérapie).

Le Ganglion Sentinelle : Il est possible de réaliser dans certains cas un prélèvement du “ ganglion axillaire sentinelle ”.
Le prélèvement consiste en l’exérèse du ganglion axillaire le plus proche du sein nommé “ ganglion sentinelle ”. Ce ganglion (ou un groupe de 2 ou 3 ganglions) est considéré comme étant le reflet de l’état des autres ganglions de l’aisselle ; l’idée est que si ce ganglion ne contient pas de cellules cancéreuses, les autres ne doivent pas en contenir non plus, et inversement. Le principe de l’opération consiste en l’injection préalable dans le sein soit d’un produit radioactif (très faiblement irradiant et donc sans danger) la veille de l’intervention, soit d’un colorant bleu (bleu patenté) au moment de l’intervention. Chaque fois que possible, on utilise à la fois le produit radioactif et le colorant bleu.

Parfois, quelques jours après l’opération et après des analyses spéciales plus longues, il est possible que l’on retrouve tout de même des cellules cancéreuses non détectées lors de l’examen initial dans le « ganglion sentinelle ». Dans ce cas, une seconde opération sous anesthésie générale est nécessaire afin de compléter l’ablation des ganglions restants (« curage axillaire »).

Parfois, le colorant bleu injecté sous la peau au moment de l’opération peut la tatouer temporairement. Cette coloration disparaît en règle générale dans les 4 mois suivant l’intervention.

 
La mastectomie correspond à l’exérèse de la totalité du sein : le mamelon et l’aréole, une quantité variable de peau, et la totalité de la glande mammaire. Le muscle grand pectoral, sur lequel est posé le sein est respecté, hormis dans les rares cas où la tumeur est adhérente au muscle. Après l’intervention, le relief du sein a totalement disparu et est remplacé par une cicatrice ; pour ne pas apparaître dans le décolleté, celle-ci est placée, autant que possible, le plus bas possible, selon un axe soit horizontal soit oblique en bas et en dedans, plus adapté si une reconstruction mammaire est envisagée ultérieurement. Un ou deux redons (drains) peuvent être laissés quelques jours pour éviter les hématomes. La durée d’hospitalisation est d’environ 3 à 5 jours. Lors de la consultation post-opératoire, qui s’effectue un mois après l’intervention, votre chirurgien vous fera part des propositions thérapeutiques après discussion de votre dossier par l’équipe multidisciplinaire.

QUE SE PASSE-T-IL APRÈS L'INTERVENTION?

  • Si l'ablation du nodule seul a été réalisée
    L'hospitalisation est généralement de courte durée (quelques jours). Si un dispositif de drainage a été mis en place, il est habituellement enlevé en un à trois jours. Les fils de fermeture de la peau sont parfois résorbables. Parfois, ils doivent être enlevés après la sortie de l'hôpital ou de la clinique.
  • Si un curage ganglionnaire a été réalisé
    L'hospitalisation est un peu plus longue, jusqu'à ce que l'écoulement de lymphe soit arrêté ou suffisamment diminué pour retirer le dispositif de drainage.
  • Si l'ablation du sein a été réalisée
    Votre chirurgien vous apportera alors des informations spécifiques.

Y A-T-IL DES RISQUES OU INCONVÉNIENTS ?

L’ablation du nodule est une intervention courante et bien réglée dont le déroulement est simple dans la majorité des cas.

En cours d'opération, la voie d'abord peut être modifiée selon les constatations faites au cours de l'intervention: ouverture plus grande que prévue ou deuxième ouverture parfois. Exceptionnellement, une blessure ou une brûlure de la peau du sein peut se produire, ainsi qu'une hémorragie importante. Dans le cas exceptionnel d'hémorragie pouvant menacer la vie de la patiente, une transfusion sanguine ou de produits dérivés du sang peut être rendue nécessaire.
Si un curage ganglionnaire est nécessaire, ses risques propres sont la possibilité de blessure des vaisseaux et des nerfs du creux de l’aisselle.

Dans les suites de l'intervention, les premières 24 heures sont quelquefois douloureuses et nécessitent des traitements antalgiques. Parfois, une ecchymose, un hématome ou une infection (abcès) de la cicatrice peuvent survenir, nécessitant le plus souvent de simples soins locaux. Exceptionnellement, une hémorragie ou une infection sévère survenant dans les jours suivant l'opération peut nécessiter une réintervention. Comme toute chirurgie, cette intervention peut comporter très exceptionnellement un risque vital ou de séquelles graves.
Si un curage ganglionnaire a été nécessaire, une limitation des mouvements de l’épaule peut s’observer dans les suites immédiates. Elle s’atténue spontanément, ou avec des soins de kinésithérapie en quelques semaines. Des modifications de la sensibilité siégeant à la face interne du bras s’observent dans environ 20 % des cas. Enfin, un gonflement du bras peut s’observer chez 10 à 20 % des patientes, dans les jours, les semaines ou les mois qui suivent l'opération.

Certains risques peuvent être favorisés par votre état, vos antécédents ou par un traitement pris avant l'opération. Il est impératif d'informer le médecin de vos antécédents (personnels et familiaux) et de l'ensemble des traitements et médicaments que vous prenez.

EN PRATIQUE

  • Avant l'opération
    — une consultation pré-anesthésique doit être réalisée systématiquement avant toute intervention.
    — l’hospitalisation a lieu en général le matin, ou la veille de l’opération.
    — si le nodule doit être repéré, ce repérage est habituellement effectué le matin de l’intervention
    — après une prémédication (tranquillisant), vous serez conduite au bloc opératoire
    — une perfusion sera mise en place puis l'anesthésie sera réalisée.
  • Après l'opération
    — vous passerez en salle de réveil avant de retourner dans votre chambre.
    — un petit drain (tuyau) est parfois mis en place pour quelques jours sous la peau.
    — un petit hématome ou une sensation de dureté de la zone où se trouvait le nodule sont très fréquents, et peuvent durer quelques jours ou semaines.
    — la reprise d'une alimentation normale se fait en général dès le soir ou le lendemain l'opération.
    — le moment de votre sortie dépend du type d’intervention qui aura finalement été réalisé en fonction des constatations effectuées en cours d’intervention.
    — des douches sont possibles quelques jours après l'opération, mais il est recommandé d'attendre trois semaines avant de prendre un bain.
  • Après la sortie
    — après votre retour à domicile, si des douleurs, des saignements ou écoulements du sein, de la fièvre ou un gonflement important du sein surviennent, il est indispensable d'en informer votre médecin.
    — une visite de contrôle post-opératoire, après la sortie, est indispensable pour vérifier la cicatrisation et pour connaître le résultat de l'analyse définitive du nodule au microscope. Le rendez-vous vous sera précisé par votre opérateur ou l’équipe au moment de votre sortie.

Ce document est adapté des fiches d'informations du CNGOF.